LA BELLE ET LA BÊTE
LA CONVENTION 2001
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Jeudi 12 Juillet
Réveillées ridiculement tôt (décalage
horaire) nous allons prendre le petit déjeuner avec nos colocataires au Morning
Star, le petit restaurant du coin de la rue, qui ayant l'avantage d'être tout
près, bon et pas cher, deviendra vite la cantine de la Convention. Je découvre
les délices du "bagel with cream cheese", et constate qu'on a
beaucoup calomnié le café américain, finalement très buvable.
Ce matin, excursion organisée dans
Central Park. Le groupe, d'une quarantaine de personnes, se met en route sous
la conduite de Linda Barth. Il fait un temps superbe mais pas trop chaud, il
paraît que nous avons beaucoup de chance, New York en été peut être un vrai
bain de vapeur. Nous regardons autour de nous, découvrant les rues, les bruits,
les odeurs d'une ville qui ne ressemble à aucune autre. Nous entrons dans
Central Park par le coin sud-ouest,le rond-point de Columbus Circle. Des voies
de circulation traversent le parc, mais beaucoup sont interdites aux voitures
(toutes le week-end) Beaucoup de vélos, de joggers. Des joueurs de baseball sur
Sheep Meadow. Des écureuils aussi familiers que ceux de Hyde Park à Londres.
Central Park est un parc très paysagé, entièrement artificiel, avec des ponts,
des passages, de grandes allées bordées de statues et des arbres magnifiques.
Nous arrivons au Carrousel. Pas celui
que l'on voit dans la série, qui est à Los Angeles, mais le vrai Carrousel de
Central Park, et nous ne résistons pas au plaisir de faire un tour sur les
superbes chevaux de bois! Plutôt prévus pour des adultes, d'aileurs, vu leur
taille, mes pieds touchent à peine les étriers. Mais quand le manège se met à
tourner, les chevaux à monter et descendre, nous redevenons tous des enfants
qui rient dans le vent de la course.
Le groupe se remet en marche, et au
bout d'une superbe allée, nous arrivons au "bandshell". Pas un
kiosque à musique circulaire comme en France, mais une sorte d'estrade abritée,
avec de nombreux bancs installés à proximité. Rien à voir avec celui de la
série, et Linda nous informe que les concerts dans le parc, maintenant, se
donnent ailleurs.
Par un passage souterrain aux murs
ornés de fresques, nous débouchons sur l'esplanade de Bethesda Fountain. Nous
longeons le lac et ses canots jusqu'à Bow Bridge, le pont le plus célèbre de
Central Park. Arrêt photos. De là on voit le lac, les arbres, et au fond, les
buildings de Central Park West. C'est par là que, logiquement, l'appartement de
Catherine est censé se trouver.
Ensuite Linda nous entraîne à travers
le labyrinthe du Ramble, la partie la plus "sauvage" du parc. Les
allées sont plus étroites, parfois de simples sentiers, il y a du relief, des
rochers, des buissons enchevêtrés. Difficile de croire que tout cela a été créé
artificiellement, sur un marécage! Au fond d'une ravine, un raton-laveur vaque
tranquillement à ses affaires. Aux cris de "C'est Arthur!", tout le
monde se précipite pour le photographier, et il finit par s'éclipser.
Direction "Strawberry
Fields", ainsi nommé en l'honneur de John Lennon, qui vivait face à cet
endroit du parc, au "Dakota". C'est aussi là qu'il a été assassiné.
Souvenez vous, dans le générique de la
série, on voit Catherine regarder en passant dans une grille de métro. L'immeuble
derrière elle, c'est le Dakota. Dans le parc, une mosaïque noire et blanche
avec un mot "Imagine". Les gens, en passant la regardent. Certains y
déposent une fleur.
Autour de la mosaïque, des bancs, dont
beaucoup portent de petites plaques commémoratives, dédiées par des
particuliers au souvenir d'êtres chers. C'est sur une de ces plaques que
quelques jours plus tard des fans découvriront les mots:
"Though
lovers be lost, Love shall not, and Death shall have no dominion." (Même si les amants se perdent, l'amour ne sera pas
perdu, et la Mort n'aura pas de royaume)
Un poème de Dylan Thomas bien connu
des amoureux de la série, puisque Vincent le répète sans cesse au cours de son
délire dans le dernier épisode de la Saison 2, "Le reste est
silence". Il est aussi le titre anglais du premier épisode, tragique de la
Saison 3, "Though Lovers Be Lost", et sera (snif!) la dernière parole
de Catherine.
Une pareille trouvaille ne pouvait
susciter qu'une seule réaction chez les fans, qui ont le cœur à fleur de peau.
Elles en pleuraient encore en nous le racontant. Les passants, voyant ce groupe
de femmes sangloter autour d'un banc, les ont sans doute prises pour des fans
inconsolables de John Lennon.
Retour au Jeudi. A Strawberry Fields,
un "héros d'1m80" nous attend, allongé dans l'herbe. Mais, non,
voyons, Vincent est plus grand que ça! Ce héros-là est en fait un énorme
sandwich. Si énorme que nous ne pourrons en venir à bout. Nous finirons par le
partager avec des promeneurs ravis de l'aubaine.
Ensuite, retour à l'hotel (l'occasion
de découvrir le métro de NY) et départ avec deux autres Européennes pour un
tour de Manhattan en bateau. Nous prenons bien sur des tas de photos sous tous
les angles du magnifique "vaisseau de pierre" qu'est la pointe Sud de
l'île…sans nous douter que moins de deux mois après elles seront "périmées".

Soirée calme à l'hotel, discussion devant un verre au bar, et pique-nique dans la chambre (il restait un peu de ce monstrueux sandwich) Demain, la Convention commence pour de bon!